Une étude en conditions réelles suit 202 patients pendant deux ans après un traitement par tissu adipeux

Daniele Screpis, Simone Natali, Luca Farinelli, Gianluca Piovan, Venanzio Iacono, Laura de Girolamo, Marco Viganò, Claudio Zorzi · Journal of Clinical Medicine · 2022

L'arthrose du genou touche des millions de personnes et peut limiter considérablement les activités quotidiennes. Cette étude italienne a suivi plus de 200 patients ayant reçu une injection unique de leur propre tissu adipeux transformé (appelé tissu adipeux micro-fragmenté, ou MFAT) pour traiter l'arthrose du genou. Les chercheurs souhaitaient comprendre l'efficacité de ce traitement dans la pratique clinique quotidienne, et non uniquement dans le cadre d'essais rigoureusement contrôlés.

202 patients traités à tous les stades de l'arthrose du genou

Cette étude a inclus des adultes âgés de 18 à 70 ans présentant une arthrose du genou allant de légère à sévère. Tous les patients avaient déjà essayé d'autres traitements sans succès. Ceux-ci comprenaient la kinésithérapie, les anti-inflammatoires, les infiltrations de corticoïdes ou d'autres types d'injections. Les chercheurs ont suivi les patients pendant une durée moyenne d'environ deux ans après leur injection unique.

La procédure utilisait le système Lipogems® pour traiter le tissu adipeux prélevé au niveau de l'abdomen de chaque patient. Environ 50 millilitres de graisse étaient prélevés par une petite incision. Le tissu était ensuite lavé, filtré et fragmenté en minuscules particules. Chaque patient recevait huit millilitres de ce tissu transformé, injectés directement dans l'articulation du genou.

Les scores de douleur et de fonction s'améliorent significativement à six mois

Les patients ont connu des améliorations significatives tant au niveau de la douleur que de la fonction du genou. Les résultats ont montré :

  • La fonction globale du genou (mesurée par le score KOOS) s'est améliorée de manière significative entre l'état initial et six mois

  • La fonction a continué de s'améliorer entre six et douze mois

  • Les scores de douleur ont diminué substantiellement à six mois par rapport aux valeurs initiales

  • La douleur est restée inférieure aux valeurs de départ tout au long de la période d'étude

Le score KOOS mesure cinq domaines : la douleur, les symptômes, les activités quotidiennes, la fonction sportive et la qualité de vie. Les améliorations dans l'ensemble de ces domaines suggèrent que le traitement a aidé les patients à reprendre des activités plus normales.

Le soulagement de la douleur atteint son maximum précocement, puis régresse partiellement

Une observation importante était que le soulagement de la douleur suivait un schéma spécifique. Les patients ont connu leur réduction maximale de la douleur à six mois. Cependant, une partie de la douleur est réapparue entre six et douze mois. Malgré ce retour partiel, les niveaux de douleur sont restés significativement inférieurs à ceux d'avant le traitement pendant les deux années complètes.

Ce schéma aide à établir des attentes réalistes. Le traitement semble apporter un bénéfice durable, mais le soulagement le plus important survient au cours des six premiers mois.

L'arthrose sévère et les infiltrations antérieures de corticoïdes prédisent des résultats moins favorables

Tous les patients n'ont pas répondu aussi favorablement. Deux facteurs prédisaient des résultats moins favorables :

  • Les patients présentant l'arthrose la plus sévère (grade quatre de Kellgren-Lawrence) ont montré des améliorations plus modestes à deux ans

  • Les patients ayant reçu des infiltrations de corticoïdes auparavant étaient plus susceptibles de nécessiter un traitement complémentaire ultérieurement

Ces résultats peuvent aider les médecins à identifier quels patients pourraient bénéficier le plus de cette approche. Les personnes atteintes d'arthrose à un stade moins avancé pourraient obtenir de meilleurs résultats à long terme.

Aucun problème de sécurité grave signalé dans ce groupe important de patients

L'étude a recueilli des informations sur la sécurité tout au long de la période de suivi. Le traitement a été bien toléré. Il était conseillé aux patients de se reposer pendant au moins 24 heures après l'intervention. Ils pouvaient utiliser la cryothérapie et le paracétamol pour tout inconfort. Les anti-inflammatoires n'étaient pas recommandés pendant la récupération.

Ce profil de sécurité est encourageant pour une procédure utilisant votre propre tissu. Comme la graisse provient de votre propre corps, il n'y a aucun risque de rejet ou de réaction allergique à un matériau provenant d'un donneur.

Les données en conditions réelles soutiennent le MFAT comme option thérapeutique

Cette étude fournit des données « en conditions réelles » plutôt que des données issues d'un essai clinique strictement contrôlé. Les chercheurs ont délibérément inclus tous les patients éligibles plutôt que de sélectionner uniquement les candidats idéaux. Cette approche reflète mieux ce que les patients pourraient vivre dans la pratique clinique réelle.

Les auteurs concluent que le tissu adipeux micro-fragmenté pourrait offrir une option sûre et efficace pour les symptômes de l'arthrose. L'intervention est peu invasive et ne nécessite qu'une seule injection. Pour les patients n'ayant pas trouvé de soulagement avec d'autres traitements conservateurs, cette approche pourrait aider à retarder ou éviter une chirurgie plus invasive.

Si vous envisagez ce traitement, discutez du stade de votre arthrose et de vos antécédents thérapeutiques avec votre médecin. Ces facteurs peuvent influencer l'efficacité du traitement dans votre situation spécifique.

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Source : Screpis et al., Journal of Clinical Medicine, 2022.

Publication Originale

Autologous Microfragmented Adipose Tissue for the Treatment of Knee Osteoarthritis: Real-World Data at Two Years Follow-Up

Daniele Screpis, Simone Natali, Luca Farinelli, Gianluca Piovan, Venanzio Iacono, Laura de Girolamo, Marco Viganò, Claudio Zorzi · Journal of Clinical Medicine · 2022

The purpose of the present study was to assess, prospectively, the safety, clinical effectiveness, and feasibility of a single intra-articular injection of microfragmented adipose tissue in different stages of knee osteoarthritis (OA). The study included patients (aged 18-70 years), affected by OA (Kellgren-Lawrence I-IV). Unselected patients were evaluated before and prospectively after 6, 12, and 24 months from the injection. Visual analog scale (VAS) and knee injury and osteoarthritis outcome score (KOOS) were used for clinical evaluations. A total of 202 patients were eligible. The mean follow-up time in the cohort of patients was 24.5 ± 9.6 months. Total KOOS significantly improved from pre-operative baseline levels to 6-month follow-up (p < 0.001), and again between 6- and 12-month follow-ups (p < 0.001). The VAS showed a prompt reduction at 6 months (p < 0.001 vs. baseline), but then it increased again at 12 months compared to the 6-month assessment (p < 0.001), even though it remained lower than baseline (p < 0.001). At 24 months, patients with KL-IV demonstrated a lower improvement compared to baseline; patients that had undergone previous corticosteroid injections had a greater risk to further injection treatment. The collected clinical results suggest that MFAT may represent a safe and effective treatment for OA symptoms, offering a low-demanding and minimally invasive treatment.

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