La thérapie par cellules souches aide une jeune danseuse à récupérer d'une lésion de la rotule

Alessandro Russo, Vito Coco, Stefano Zaffagnini · Journal of Surgical Case Reports · 2020

La douleur au genou persistait chez la jeune patiente malgré deux ans de repos

Une danseuse de 14 ans a développé une douleur progressive au genou droit sans aucun traumatisme. La douleur était localisée derrière sa rotule et irradiait sur les côtés. Des activités simples comme monter les escaliers, courir et s'accroupir l'aggravaient. Elle a dû arrêter complètement la danse et toute activité sportive.

Les médecins lui ont diagnostiqué une ostéochondrite disséquante juvénile (OCDJ) de la patella. Cette pathologie survient lorsque des problèmes de vascularisation provoquent un affaiblissement d'une petite zone osseuse située sous le cartilage. Le cartilage qui la recouvre peut alors se fissurer ou se détacher. Bien que l'OCDJ touche le plus souvent le fémur, son cas était rare — impliquant la rotule, ce qui ne représente qu'environ deux pour cent des cas.

Le traitement standard a échoué après deux années complètes

L'équipe médicale a d'abord essayé le traitement conventionnel. Celui-ci comprenait six mois de réduction d'activité et de mise en décharge partielle. Face à l'absence d'amélioration, la patiente a cessé toute activité sportive pendant deux ans. Cependant, les IRM de contrôle ont montré que la zone lésée restait inchangée. Ses symptômes persistaient sans amélioration.

À ce stade, les médecins ont envisagé d'autres options. Les approches chirurgicales traditionnelles pour cette pathologie comprennent le forage osseux, la fixation par vis ou des interventions plus complexes. Toutefois, la localisation difficile d'accès et la forme incurvée de la rotule rendent la chirurgie délicate. Les études publiées montrent que le traitement conservateur échoue dans plus de la moitié des cas.

Des cellules souches dérivées du tissu adipeux injectées directement dans le genou

Après l'échec de l'approche conservatrice de deux ans, les médecins ont proposé à la patiente une thérapie par cellules souches dérivées du tissu adipeux. Il s'agit de cellules régénératrices prélevées dans le propre tissu graisseux de la patiente. Les cellules ont été traitées puis injectées directement dans son articulation du genou.

Cette approche est beaucoup moins invasive que la chirurgie traditionnelle. Elle utilise les propres cellules de guérison du corps plutôt que des tissus de donneur ou des matériaux artificiels. Les parents de la patiente ont reçu des informations détaillées sur le traitement, ses risques et les alternatives possibles avant de donner leur accord.

Les IRM ont révélé une régénération progressive du cartilage

Les médecins ont surveillé le genou de la patiente par IRM à six mois et douze mois après le traitement. Les résultats étaient encourageants :

  • Six mois : La zone lésée montrait des signes de régénération cartilagineuse. Le nouveau tissu présentait une teneur élevée en eau, suggérant la formation d'un cartilage immature ou d'un fibrocartilage.

  • Douze mois : La zone apparaissait presque entièrement régénérée avec une bonne structure fibro-cartilagineuse.

  • Dix-huit mois : Des examens complémentaires ont montré que le cartilage maturait des couches profondes vers les couches superficielles. Il développait une structure plus proche du cartilage hyalin — plus semblable au cartilage normal et sain.

Les scores de fonction du genou se sont améliorés de façon spectaculaire

La patiente a rempli des questionnaires standardisés d'évaluation fonctionnelle du genou avant et après le traitement. Ces scores mesurent la douleur, les activités quotidiennes et les capacités sportives :

Mesure

Avant traitement

Six mois

Douze mois

Score IKDC

23

80,5

98,9

Score de Lysholm

28

99

100

Niveau d'activité

0

8

8

Après un an, elle ne ressentait plus aucune douleur. Son score de Lysholm a atteint le maximum de 100, et son niveau d'activité est passé de zéro à huit — indiquant un retour au sport de compétition.

Une alternative possible à une chirurgie plus invasive

Ce cas suggère que la thérapie par cellules souches issues du tissu adipeux pourrait offrir une option thérapeutique intermédiaire entre l'échec du traitement conservateur et la chirurgie complexe. Les options chirurgicales actuelles comme l'implantation de cartilage nécessitent une anesthésie générale, des interventions multiples et des temps de récupération plus longs.

Les chercheurs soulignent qu'il s'agit d'une étude de cas unique. Il n'existe pas de recommandations établies pour le traitement de l'OCDJ de la rotule. Des recherches complémentaires portant sur des groupes de patients plus importants permettraient de confirmer ces résultats prometteurs. Cependant, pour les jeunes patients qui ne se sont pas améliorés avec le repos et la modification de l'activité, cette approche pourrait permettre d'éviter des interventions plus invasives tout en favorisant la régénération tissulaire naturelle.

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Source : Russo et al., Journal of Surgical Case Reports, 2020.

Publication Originale

The effect of autologous adipose derived mesenchymal stem cell therapy on juvenile osteochondritis dissecans of the patella: a case study

Alessandro Russo, Vito Coco, Stefano Zaffagnini · Journal of Surgical Case Reports · 2020

A prospective analysis of the effect of autologous adipose derived mesenchymal stem cell (AD-MSCs) therapy in the treatment of a juvenile osteochondritis dissecans (JOCD) of the patella. After failed conventional management of JOCD, a 13-year-old patient undergoes intra-articular MSC therapy. Repeated magnetic resonance imaging analyses showed regeneration of cartilage. In this report, the use of AD-MSCs, after unsuccessful conventional JOCD management, resulted in structural, functional and pain improvement. These results highlight the possibility to avoid surgery treatment in JOCD patella treatment.

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