Un traitement à base de graisse se révèle prometteur pour l'arthrose du genou
Jack K. Haberl, Nathan S. Hogaboom, Gerard A. Malanga · Biologic Orthopedic Journal · 2020
Vos propres cellules graisseuses pourraient aider à combattre l'inflammation du genou
Si vous souffrez d'arthrose du genou, vous connaissez la frustration face aux options limitées. La kinésithérapie et les anti-inflammatoires ne traitent pas la cause profonde. La prothèse articulaire comporte des risques et ne convient pas à tout le monde. Cette revue examine une option émergente : l'utilisation de tissu adipeux traité provenant de votre propre corps pour agir sur l'inflammation sous-jacente responsable de vos douleurs au genou.
L'arthrose du genou n'est pas simplement une « usure mécanique ». Elle implique des processus inflammatoires complexes qui dégradent le cartilage et endommagent les tissus articulaires. Les chercheurs explorent désormais comment les cellules issues de votre propre tissu adipeux pourraient aider à interrompre ce cycle destructeur.
Le tissu adipeux contient de puissantes cellules régénératrices
Le tissu adipeux de votre corps est riche en cellules stromales mésenchymateuses (CSM) — des cellules régénératrices capables de se différencier en muscle, en os et en cartilage. Ces cellules proviennent des « péricytes », des cellules auxiliaires situées à proximité des vaisseaux sanguins dans le tissu adipeux. Par rapport aux cellules prélevées dans la moelle osseuse, les cellules dérivées du tissu adipeux :
Sont présentes en plus grand nombre par échantillon de tissu
Se multiplient plus rapidement lors du traitement
Restent plus viables lors de l'expansion en laboratoire
Cela fait du tissu adipeux une source attrayante pour les traitements régénératifs ciblant l'arthrose du genou.
Deux méthodes permettent d'extraire les cellules régénératrices de la graisse
Les médecins peuvent prélever ces cellules bénéfiques selon deux approches principales. La première est la micro-fragmentation, où la graisse est délicatement fragmentée en minuscules morceaux. Cette méthode préserve la structure naturelle du tissu et répond aux exigences de la FDA pour une utilisation clinique le jour même. Le système Lipogems® utilise cette approche.
La seconde méthode utilise des enzymes pour séparer les cellules du tissu adipeux. Elle produit davantage de cellules mais est soumise à une réglementation plus stricte de la FDA. Les deux techniques visent à concentrer les cellules régénératrices susceptibles d'aider votre genou à guérir.
Ces cellules agissent en apaisant l'inflammation
La revue explique comment les cellules dérivées du tissu adipeux combattent l'arthrose au niveau cellulaire. Dans l'arthrose, des médiateurs chimiques inflammatoires activent des enzymes qui détruisent le cartilage. Les cellules régénératrices issues du tissu adipeux libèrent des facteurs de croissance et des substances anti-inflammatoires. Ceux-ci contribuent à :
Réduire l'inflammation néfaste dans l'articulation
Protéger le cartilage restant contre d'autres dommages
Soutenir les processus naturels de réparation de l'organisme
Cet effet « immunomodulateur » signifie que les cellules aident à réguler votre système immunitaire plutôt que de simplement ajouter du nouveau tissu.
La recherche confirme l'innocuité et l'efficacité
La revue a examiné des études allant de la recherche animale aux essais cliniques chez l'humain. Les résultats suggèrent que les traitements à base de cellules dérivées du tissu adipeux sont généralement sûrs. Ils montrent également des bénéfices potentiels pour le soulagement de la douleur et l'amélioration de la fonction articulaire. Les patients n'ayant pas répondu aux traitements conservateurs — et qui ne sont pas prêts pour la chirurgie — pourraient trouver cette approche digne d'intérêt.
Cependant, les chercheurs soulignent que des études supplémentaires sont nécessaires. Des questions subsistent concernant le nombre idéal de cellules à injecter, les meilleures méthodes de traitement et les patients qui en bénéficient le plus.
Cette option pourrait combler un vide thérapeutique
D'ici 2040, près de 78 millions d'adultes américains souffriront d'arthrite. Près de la moitié connaîtront des limitations d'activité. Les traitements actuels soit masquent les symptômes, soit nécessitent une chirurgie lourde. La thérapie cellulaire dérivée du tissu adipeux offre une voie intermédiaire. Elle agit sur les processus inflammatoires sous-jacents tout en évitant les risques chirurgicaux tels que les thromboses, les infections ou les lésions nerveuses.
Les patients plus jeunes pourraient particulièrement en bénéficier. Ceux de moins de 50 ans s'inquiètent souvent de la nécessité d'une chirurgie de révision plus tard dans leur vie. Une approche régénérative pourrait retarder, voire potentiellement éviter, le recours à une prothèse articulaire.
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Source : Haberl et al., Biologic Orthopedic Journal, 2020.
Publication Originale
Chemical Profile and Clinical Efficacy of Adipose-Derived Mesenchymal Stromal Cell Therapy in the Treatment of Knee Osteoarthritis
Jack K. Haberl, Nathan S. Hogaboom, Gerard A. Malanga · Biologic Orthopedic Journal · 2020
Intra-articular injections of adipose-derived mesenchymal stromal cells (AD-MSCs) have emerged as a regenerative therapy to combat the progression of knee osteoarthritis (OA). These multipotent cells have been shown to alter the inflammatory processes inside the knee joint at the cellular level, thus creating a treatment option that both modifies the underlying causes of OA and benefits those who are not surgical candidates. This review article serves to present the following objectives: (1) to summarize the techniques used to harvest AD-MSCs, via micro-fragmentation and enzymatic processing, (2) to characterize the chemical profile and immunomodulatory role of these cells from the current literature, (3) to comprehensively review the clinical efficacy of these interventions, from animal to human studies that investigate the safety concerns, biomolecular changes, and key functional outcomes, and (4) to present areas of future research needed to optimize these interventional regenerative therapies in the treatment of knee OA.