Le tissu adipeux montre des résultats prometteurs comme vecteur médicamenteux dans des études de laboratoire sur le cancer
Giulio Alessandri, Valentina Coccè, Fabio Pastorino, Rita Paroni, Michele Dei Cas, Francesco Restelli, Bianca Pollo, Laura Gatti, Carlo Tremolada, Angiola Berenzi, Eugenio Parati, Anna Teresa Brini, Gianpietro Bondiolotti, Mirco Ponzoni, Augusto Pessina · Journal of Controlled Release · 2019
Des chercheurs explorent une nouvelle méthode pour administrer la chimiothérapie directement aux tumeurs
La chimiothérapie standard se diffuse dans tout votre corps lorsqu'elle est injectée dans une veine. Cela signifie que les médicaments atteignent à la fois les cellules cancéreuses et les tissus sains. Cette exposition généralisée provoque de nombreux effets secondaires difficiles que les patients ressentent pendant le traitement. Des chercheurs explorent actuellement si du tissu adipeux transformé pourrait transporter les médicaments anticancéreux directement jusqu'aux sites tumoraux. Cette approche pourrait réduire les effets nocifs sur les organes sains tout en maintenant les médicaments actifs au niveau de la tumeur pendant des périodes plus longues.
Le tissu adipeux micro-fragmenté peut absorber et libérer des médicaments anticancéreux
Dans cette étude de laboratoire, des scientifiques ont testé si le tissu adipeux micro-fragmenté (MFAT) — de la graisse corporelle spécialement traitée — pouvait absorber le médicament de chimiothérapie Paclitaxel puis le libérer pour détruire les cellules cancéreuses. Le tissu adipeux agit comme une éponge, absorbant le médicament et le libérant lentement au fil du temps. Les chercheurs ont découvert que le tissu adipeux vivant et le tissu adipeux dévitalisé par congélation fonctionnaient tous deux efficacement. Cette version dévitalisée (appelée DMFAT) pourrait être plus facile à conserver et à utiliser en milieu médical.
Les tests de laboratoire montrent que la graisse chargée en médicament détruit plusieurs types de cancer
Lorsque les chercheurs ont placé du tissu adipeux chargé en médicament à proximité de diverses lignées de cellules cancéreuses humaines dans des boîtes de laboratoire, le traitement a détruit efficacement les cellules cancéreuses. Le tissu adipeux a libéré suffisamment de Paclitaxel pour détruire les cellules tumorales tout en maintenant son activité anticancéreuse pendant une période prolongée. Cet effet durable est notable car les méthodes précédentes utilisant des cellules souches individuelles pour administrer des médicaments ne fonctionnaient que pendant quelques jours.
Une étude sur des souris montre une réduction des récidives tumorales après chirurgie
L'équipe de recherche a testé son approche sur des souris atteintes de neuroblastome — un type de cancer qui se développe dans les cellules nerveuses. Après avoir retiré chirurgicalement les tumeurs des souris, ils ont placé de la graisse dévitalisée chargée en médicament sur le site opératoire. Les résultats étaient encourageants :
Les tumeurs ont été empêchées de réapparaître ou ont mis plus de temps à se développer à nouveau
Les souris n'ont montré aucun signe d'effets secondaires toxiques
Le traitement semblait sûr lorsqu'il était placé directement sur le site tumoral
Limitations importantes : il s'agit d'une recherche à un stade précoce
Cette étude représente une exploration scientifique très préliminaire. Points essentiels à comprendre :
Tous les tests ont été réalisés dans des boîtes de laboratoire et sur des souris, pas sur des humains
Le neuroblastome chez la souris peut répondre différemment des cancers humains
Aucun essai clinique chez l'humain n'a été mené
La sécurité et l'efficacité chez l'humain restent inconnues
Cette recherche a exploré le tissu adipeux comme vecteur médicamenteux, ce qui diffère des utilisations orthopédiques actuelles de Lipogems®
Les chercheurs suggèrent que cette approche pourrait un jour aider à administrer des médicaments de chimiothérapie localement pendant une chirurgie du cancer. Cependant, de nombreuses années de recherche supplémentaire et d'essais cliniques chez l'humain seraient nécessaires avant que cela puisse devenir une option de traitement disponible.
Ce que cela signifie pour vos décisions de traitement
Si vous êtes atteint d'un neuroblastome et explorez vos options, cette étude ne fournit pas de preuves pour un traitement actuellement disponible. Les résultats représentent un concept scientifique intéressant qui nécessite des recherches approfondies supplémentaires. Les traitements Lipogems® actuels sont autorisés par la FDA pour des applications orthopédiques — et non pour le traitement du cancer. Toute décision concernant un traitement anticancéreux doit impliquer des discussions détaillées avec votre équipe d'oncologie sur les approches thérapeutiques éprouvées disponibles aujourd'hui.
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Source : Alessandri et al., Journal of Controlled Release, 2019.
Publication Originale
Microfragmented human fat tissue is a natural scaffold for drug delivery: Potential application in cancer chemotherapy
Giulio Alessandri, Valentina Coccè, Fabio Pastorino, Rita Paroni, Michele Dei Cas, Francesco Restelli, Bianca Pollo, Laura Gatti, Carlo Tremolada, Angiola Berenzi, Eugenio Parati, Anna Teresa Brini, Gianpietro Bondiolotti, Mirco Ponzoni, Augusto Pessina · Journal of Controlled Release · 2019
Localization of chemotherapy at the tumor site can improve therapeutic efficacy and reduce systemic toxicity. In previous studies we have shown that mesenchymal stromal cells (MSCs) isolated from bone marrow or adipose tissue can be loaded with the anti-cancer drug Paclitaxel (PTX) and kill cancer cells when localized nearby. We here investigated the capacity of human micro-fragmented adipose tissue (MFAT), used as a natural scaffold of MSCs, to deliver PTX with the idea to improve local drug concentration and to prolong the therapeutic activity. Surprisingly, we found that both fresh but also devitalized MFAT (DMFAT) (by freezing/thawing procedure) were able to deliver and release significant amount of PTX, killing several human cancer cell lines in vitro with a long lasting activity. In an orthotopic mice model of Neuroblastoma (NB) transplant, DMFAT loaded with PTX prevents or delays NB relapse when …