Le traitement Lipogems® réduit la durée d'hospitalisation après amputation du pied chez les patients diabétiques
Stefano Gennai, Nicola Leone, Tea Covic, Mattia Migliari, Roberto Lonardi, Roberto Silingardi · International Angiology · 2021
Un essai randomisé évalue les cellules dérivées du tissu adipeux après chirurgie de l'orteil
Lorsque le diabète provoque des ulcères du pied qui ne cicatrisent pas, les médecins doivent parfois amputer un orteil ou une partie du pied. Cette étude a évalué si l'injection de tissu adipeux micro-fragmenté (MFAT)—de la graisse spécialement traitée provenant de votre propre corps—pouvait améliorer la cicatrisation de ces plaies. Des chercheurs italiens ont réparti aléatoirement 114 patients pour recevoir soit l'injection de MFAT, soit des soins standards après une amputation mineure du pied. L'équipe a ensuite suivi les patients pendant six mois.
Les patients traités sont rentrés chez eux huit jours plus tôt
L'une des découvertes les plus marquantes concernait la durée d'hospitalisation. Les patients ayant reçu l'injection de MFAT sont restés en moyenne 16,2 jours. Ceux recevant les soins standards sont restés 24,4 jours—plus d'une semaine de plus. Cette différence était statistiquement significative, ce qui signifie qu'elle n'était pas due au hasard. Rentrer chez soi plus tôt signifie moins de temps loin de sa famille et de ses habitudes quotidiennes.
Les scores de fonction physique se sont améliorés de manière significative
L'équipe de recherche a mesuré la qualité de vie à l'aide d'un questionnaire de santé reconnu. Ce questionnaire produit deux scores principaux : l'un pour la fonction physique et l'autre pour la santé mentale et émotionnelle. Les patients ayant reçu l'injection de MFAT ont montré une amélioration notable de leurs scores de fonction physique. Le type de traitement a fait une réelle différence dans la capacité des patients à se déplacer et à accomplir leurs activités quotidiennes pendant la convalescence.
La santé mentale s'est améliorée de façon égale dans les deux groupes
Les deux groupes ont montré de meilleurs scores de santé mentale au fil du temps après la chirurgie. Cependant, le traitement par MFAT n'a pas apporté de bénéfices supplémentaires sur la santé mentale par rapport aux soins standards. Cela suggère que les améliorations émotionnelles provenaient des progrès généraux de la guérison plutôt que du type de traitement spécifique.
Comment fonctionne le traitement
La procédure comprend deux étapes réalisées au cours de la même intervention chirurgicale :
Les médecins prélèvent une petite quantité de tissu adipeux de l'abdomen ou de la cuisse du patient
Cette graisse est traitée à l'aide du système Lipogems® pour créer du tissu micro-fragmenté
Le tissu traité—contenant des péricytes (cellules de soutien des vaisseaux sanguins) et des cellules souches mésenchymateuses (cellules régénératrices)—est injecté autour de la plaie d'amputation
Comme le tissu provient de votre propre corps, il n'y a aucun risque de rejet. Les cellules contribuent à soutenir le processus naturel de cicatrisation.
La conception de l'étude renforce la fiabilité des résultats
Cette recherche a utilisé la randomisation, ce qui signifie que les patients ont été assignés au groupe traitement ou au groupe témoin de manière aléatoire. Cette approche permet d'assurer des comparaisons équitables. Les 114 participants étaient tous diabétiques avec des ulcères du pied nécessitant une amputation mineure. Avant d'entrer dans l'étude, chaque patient a subi un examen du flux sanguin pour confirmer une circulation adéquate vers le pied.
Ce que cela signifie pour les patients atteints d'ulcères du pied diabétique
Les complications du pied diabétique touchent des millions de personnes dans le monde. Lorsqu'une amputation mineure devient nécessaire, une bonne cicatrisation est cruciale. Les plaies qui ne cicatrisent pas bien peuvent conduire à des amputations plus importantes. Cet essai suggère que l'injection de MFAT offre deux bénéfices significatifs :
Des hospitalisations plus courtes, réduisant le temps passé loin de la vie normale
Une meilleure fonction physique pendant les six mois de convalescence
Le traitement utilise les propres ressources régénératrices de votre corps. Il n'ajoute qu'un temps minimal à l'intervention chirurgicale. Pour les patients devant subir une amputation mineure du pied en raison du diabète, il peut être utile de discuter de cette option avec votre équipe médicale.
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Source : Gennai et al., International Angiology, 2021.
Publication Originale
Health-related quality of life outcomes and hospitalization length of stay after micro-fragmented autologous adipose tissue injection in minor amputations for diabetic foot ulceration (MiFrAADiF Trial): results from a randomized controlled single-center clinical trial
Stefano Gennai, Nicola Leone, Tea Covic, Mattia Migliari, Roberto Lonardi, Roberto Silingardi · International Angiology · 2021
The diabetic foot ulcer (DFU) is a high prevalence complication that significantly impairs the health-related quality of life (HRQoL) and is characterized by prolonged hospital length of stay (LOS). The impact of the micro-fragmented autologous adipose tissue injection at the minor amputation wound in the case of DFU (MiFrAADiF) on HRQoL and LOS compared to the standard care has not been determined yet. This was a two-arm, 6-month, individually-randomized controlled single-center clinical trial. A 1:1 randomization to local injection of autologous micro-fragmented adipose tissue (treatment group; N.=57) or standard clinical care (control group; N.=57) was performed. The primary objective was the HRQoL. The secondary endpoint was the LOS. HRQoL was assessed with the Medical Outcomes Study 36-item Short-Form Health Survey which provides 2 scores focused on physical (PCS) and mental functioning (MCS). The trial was registered in ClinicalTrials.gov (NCT03276312). The type of treatment (P=0.009) and the time elapsed since surgery (P=0.0000) demonstrated a significant improvement on PCS. The MCS improvements resulted in a non-significant association with treatment (P=0.21). The time elapsed since surgery showed a significant influence on the MCS (P=0.0000). The mean LOS was 16.2 days and 24.4 days for the treatment and the control group respectively (P=0.025). The MiFrAADiF Trial demonstrated a significant improvement in terms of physical HRQoL and a significant reduction of the hospital length of stay after injection of micro-fragmented autologous adipose tissue in diabetic patients' minor amputations wound.